L'histoire de l'association

La création du monde n'a pas eu lieu au début, elle a lieu tous les jours.
Marcel Proust

Les racines retour

Dans les années 80, quelques amis, isolés ou groupés, s'intéressent à l'histoire de leur village, Coye-la-Forêt ; certains ont déjà à leur actif un important travail de recherche. Leur passion commune les rassemble parfois : Lucette Longa, Marthe Guion, Ginette Sagniez, Georges Audier, Raymond Jacquet, Maurice Delaigue, Jean Prieux, Jean-Marie Delzenne.

En 1986, ces réunions s'organisent. On se retrouve chez Lucette Longa, rue de l'Abreuvoir, à Coye, autour d'un projet  : une exposition sur le patrimoine du village. Malheureusement cette initiative n'aboutit pas. Mais pour autant, on ne peut pas dire qu'elle n'eut pas de suite.

En 1991, Aude Oumow, conseillère municipale, est adjointe à la culture. Sous son impulsion, la municipalité de Coye décide d'organiser une grande exposition sur « Les anciens métiers de la forêt ». C'est tout naturellement et avec enthousiasme que la petite équipe de 1986, intéressée par le patrimoine, se rattache au  projet. Aude Oumow connaissait des collectionneurs, M. et Mme Guimard, qui possédaient beaucoup d'outils utilisés traditionnellement dans les métiers de la forêt. Pour l'aider dans son entreprise, Aude Oumow s'entoure d'autres personnes : Georgina Cochu, conseillère municipale, Véronica Duboille, scénographe, Jean Gougay de l'Office national des forêts (ONF) et Philippe Larère, botaniste.

Photo de groupe
Une partie du groupe qui a travaillé pour l'exposition "des anciens métiers de la forêt"

Cette exposition se tient du 13 au 27 octobre 1991 au centre culturel de Coye-la-Forêt : c'est un grand succès.

L'idée germe, à ce moment-là, de créer une association destinée à poursuivre cette mise en valeur du patrimoine forestier en profitant de l'élan donné.

fac-simile
bulletin municipal icone PDF

C'est en 1992 que naît La Sylve.

Aude Oumow, qui est à l'origine de l'association, aurait dû, tout naturellement, en être la première présidente. Mais elle a le projet imminent de quitter Coye-la-Forêt pour Montesson. Dès lors il est convenu que la présidence de La Sylve incombera à Jean-Marie Delzenne.

Le bureau est composé ainsi :

  • Président : Jean-Marie Delzenne
  • Vice-présidente : Aude Oumow
  • Trésorier : Pierre Bardeau
  • Trésorière-adjointe : Yvonne Cerveau
  • Secrétaire : Ginette Sagniez
  • Secrétaire-adjointe : Georgina Cochu

Outre les personnes du bureau, le Conseil d'administration réunit (par ordre alphabétique) : Guitte Bardeau, Jacques Breton, Maurice Delaigue, Jean Gougay, Hubert Hervin, Frédéric Le Page, Jean Prieux et Michel Storck.

Henri Romagnesi (1912-1999), ancien résident à Coye, professeur de français, très éminent mycologue attaché au Muséum d'histoire naturelle de Paris et président de la Société mycologique de France, est nommé président d'honneur de La Sylve en 1993.

fac-simile
Programme du premier semestre 1993 icone PDF

L'association désormais existe, avec des statuts, un bureau, un conseil d'administration, elle est dûment déclarée en préfecture... et tout reste à faire. Il faut tout créer.

 

Le tronc et les branches maîtresses retour

fac-simile
affiche icone PDF

Plusieurs groupes sont constitués :

  1. Patrimoine culturel et naturel
  2. Conférences et promenades
  3. Animation
  4. Revue, projets
  5. Environnement

– Le premier programme d'activités date du 4e trimestre 1992. Dès cette époque, Pierre Bardeau et Maurice Delaigue mettent en place un groupe de marche hebdomadaire, donnant ainsi naissance aux randonnées du lundi.

– La première conférence date du 14 novembre 1992 ; elle est animée par l'O.N.F (Office national des forêts) sur le thème « Présentation du plan d'aménagement de la forêt ».

– Le premier repas des marcheurs se déroule, fin 92, chez Marie Anne et Pierre Dubois. Par la suite, avec un nombre de participants de plus en plus important, le repas des marcheurs prend ses quartiers dans un des bâtiments de La Sève, rue de l'Abreuvoir. Aujourd'hui La Sylve organise au centre culturel de Coye le grand pique-nique auquel participent tous les adhérents qui le souhaitent.

– La première grande randonnée pédestre de La Sylve a lieu le 10 octobre 1993.

Pierre Bardeau
Pierre Bardeau

Pierre Bardeau avait déjà eu l'idée d'organiser une grande randonnée de ce type et l'avait expérimentée dans le cadre d'une autre association coyenne, S.O.S. +, mais sans grand succès. C'est lui qui a imaginé le tracé des deux parcours, de 12 et 20 kilomètres, qui portent aujourd'hui son nom.  Ginette Sagniez et Jean-Marie Delzenne se chargent de concevoir et mettre en place toute l'organisation et la logistique, telles qu'utilisées encore maintenant.

Dès la première année, sous un beau soleil d'automne, la grande randonnée réunit près de 300 personnes : c'est pour La Sylve une réussite qui, année après année, ne s'est jamais démentie.

– La première publication des « Petites chroniques de La Sylve » paraît en 1993.

– La première exposition élaborée par La Sylve se déroule du 1er au 3 avril 1994 au centre culturel : « Grande exposition de papillons, d'insectes, d'animaux de nos forêts ».

– Le premier fascicule de La Sylve « Le margoteur » est publié en 1995.

– Le sentier botanique est inauguré en mai 2001, accompagné de l'édition d'un opuscule sur les plantes rencontrées le long du sentier.

– Le premier échange de plantes a lieu le 23 octobre 2004 devant le centre culturel.

– La première rando+ (culture + randonnée), conçue et organisée par Michel Scorzato, se déroule le 18 janvier 2008. Au programme pour la vingtaine de participants : le matin, visite de Senlis et de ses arènes avec un guide conférencier de l'Office de tourisme de Senlis et l'après-midi, promenade en forêt.

fac-simile
Le Courrier Picard du 20 & 21 février 1994 icone PDF

– À partir de 2010, Michèle Delzenne s'attelle à Sylve-info : constatant, lors des conversations entre marcheurs, que bien souvent on ignore ce qui se passe à côté de chez soi, Michèle décide de relayer aux adhérents de La Sylve toutes les informations culturelles de proximité dont elle a connaissance, par le biais de la messagerie électronique.

– Le premier séjour en thalassothérapie est proposé et mis au point par Claudie Cesca et Geneviève Esnée en 2013.

 

La ramure retour

On voit ainsi La Sylve, au fil des années, se développer sans cesse et étendre son domaine d'action. Outre toutes ces activités, devenues désormais régulières et habituelles, La Sylve s'implique plus ponctuellement, dans des actions de défense de notre environnement, puisque l'association a inscrit dans son programme la sauvegarde du patrimoine naturel et culturel de Coye-la-Forêt. Ainsi elle participe activement à la sensibilisation de la population sur ces sujets :

  • 1994 : mobilisation contre le projet de passage d'un égout gravitaire le long des berges des étangs de Commelles. Les berges sont jugées trop fragiles et les travaux menacent de perturber gravement la faune et la flore : le projet est abandonné.
  • fac-simile
    Oise-Hebdo du 10 juillet 1996 icone PDF
  • 1995 : grâce à l'intervention de La Sylve, le projet de construction d'un ensemble immobilier de style Île de France (pavillons Mansart), à l'angle de la Grand-rue et de la rue d'Hérivaux,  est remplacé par un ensemble plus harmonieux, moins haut (un étage en moins), plus conforme à notre environnement picard et mieux intégré au paysage urbain existant.
  • 1996 : La Sylve contribue financièrement à la rénovation du Petit-Pont, à hauteur de 1000 francs.
  • le petit pont
    Le petit pont sur la thève avec son lavoir
  • 1999 : mobilisation contre le projet de construction d'une guinguette sur la D118 à la sortie de Coye vers Lamorlaye. L'emplacement choisi était inapproprié, la nature de l'établissement et le trafic induit sur une route déjà très passante devant inévitablement entraîner d'importantes nuisances pour les riverains. Le projet est abandonné.
  • fac-simile
    Le Courrier Picard du 20 mai 1999 icone PDF
  • à partir de 2003 et pendant plusieurs années : participation, en liaison avec le Parc Naturel Régional (PNR), aux actions de protection des batraciens, notamment sur la route des étangs.
  • 2015 : diffusion d'une pétition auprès des adhérents et intervention auprès de la municipalité pour sauvegarder les 116 peupliers bordant le chemin des Vaches menacés d'abattage : 83 arbres sont sauvés et ceux qui sont abattus par nécessité pour permettre les travaux seront remplacés par des arbres de la même espèce (peupliers noirs d'Italie).

Dès le début de son existence, La Sylve a souhaité œuvrer pour la création d'un écomusée à Coye sur « Les anciens métiers de la forêt ». Le lieu fut d'abord imaginé dans les bâtiments du Petit Sauteur, puis dans ceux laissés vacants par les pompiers et le SICROM sur la place du Sauteur, temporairement occupés par les services techniques de la ville. Après le départ de ces derniers, l'étage étant réservé pour des logements, les parties basses du bâtiment restées libres pouvaient être occupées par l'écomusée. Une étude de faisabilité a été diligentée par la mairie et financée en grande partie par la Région Picardie.

fac-simile
Le Courrier Picard du 6 & 7 février 1993 icone PDF

Dans la perspective de ce futur écomusée, Janine et Maurice Delaigue, aidés par l'association des botanistes et mycologues amateurs de la région de Senlis (ABMARS), créent en 1999 le sentier botanique de Champoleux. Cette initiative était également soutenue par l'ONF (division de Chantilly), l'Institut de France, la mairie de Coye, le Conseil général de l'Oise, l'Aire cantilienne et l'association Chantilly-Environnement.

Le sentier botanique évolue et continue d'être entretenu régulièrement et amoureusement par l'association, mais l'Écomusée, malgré dix années d'un travail constructif et tenace de La Sylve, est resté à l'état de projet et n'a pas encore vu le jour.

 

Croissance et maturité retour

fac-simile
bulletin municipal icone PDF

Nous avons vu plus haut pour quelles raisons Aude Oumow, qui est pourtant à l'origine de l'association, n'en a pas été la première présidente. C'est Jean-Marie Delzenne qui a été nommé à ce poste pendant trois ans, puis Georgina Cochu a assumé cette tâche pendant dix-sept ans. Depuis 2013, après le décès de Georgina, Jean-Marie Delzenne a repris cette responsabilité.

Toutes les activités de La Sylve depuis sa création furent et sont encore toujours très bien relayées par le bulletin mensuel de la municipalité de Coye-la-Forêt. Très vite, les gens adhérèrent à l'association. D'une centaine de personnes aux premiers temps, nous sommes aujourd'hui 315 adhérents.

À l'époque de la création de l'association, la cotisation annuelle représentait une somme modique : adultes 50 francs (soit 7,62 €) ; couples 80 francs (12,20 €) ; étudiants et enfants 20 francs (3,05 €), et gratuité pour les moins de dix ans.

La cotisation a peu évolué puisqu'elle est aujourd'hui de 10 € pour une personne, 15 € pour un couple et la gratuité reste accordée jusqu'à seize ans.

Le rayonnement de La Sylve, dès l'origine, dépasse largement le cadre de la commune de Coye-la-Forêt ou même celui de l'aire cantilienne. Certes, le gros des troupes est constitué de Coyens (164 adhérents) et d'habitants de la communauté de communes (100 adhérents), mais d'autres (20) viennent de plus loin dans l'Oise. La frontière départementale est allègrement franchie par nos voisins du Val d'Oise (21 adhérents) et même par 2 personnes de la Seine-Saint-Denis et 8 Parisiens.

(recensement de 2015)

 

Écosystème retour

La Sylve adhère au ROSO (Regroupement des organismes de sauvegarde de l\'Oise) en 1993.

fac-simile
Le courrier Picard – l'éco-musée icone PDF

En 1995, La Sylve rejoint l'AP3F (Union des amis du Parc naturel régional Oise-Pays de France et de ses Trois Forêts).
L'association fait partie du conservatoire d'espaces naturels de Picardie depuis 2000.

Et le 16 janvier 2010, elle reçoit l'agrément au titre de l'article L-141 du code de l'environnement. : « Lorsqu'elles exercent leurs activités depuis au moins trois ans, les associations régulièrement déclarées et exerçant leurs activités statutaires dans le domaine de la protection de la nature et de la gestion de la faune sauvage, de l'amélioration du cadre de vie, de la protection de l'eau, de l'air, des sols, des sites et paysages, de l'urbanisme, ou ayant pour objet la lutte contre les pollutions et les nuisances et, d'une manière générale, œuvrant principalement pour la protection de l'environnement, peuvent faire l'objet d'un agrément motivé de l'autorité administrative.au titre de la protection de l'environnement dans le cadre communal. »

Aux termes de la loi, La Sylve est donc dite désormais  « association agréée de protection de l'environnement ».